Sparklehorse & Danger Mouse : Dark Night of The Soul
Ce magnifique disque ne verra, hélas, jamais le jour. On se le procurera sous le manteau moderne qu’est le téléchargement plus ou moins légal.
feat. Julian Casablancas (The Strokes), Nina Persson (The Cardigans, A Camp), Iggy Pop, Jason Lytle (Grandaddy), The Flaming Lips, Black Francis (Franck Black des Pixies), Suzanne Vega, Vic Chesnutt, Gruff Rhys (Super Furry Animals, Neon Neon) et James Mercer (The Shins).
En effet après une querelle entre Danger Mouse et la puissante et mythique maison de disque EMI , autour d’une réclamation mystérieuse de droits d’auteur, le coffret ne comprendra, finalement, que le recueil de photos, signées David Lynch, et un CD-R vierge. Tous les exemplaires, limités à 5000, seront clairement estampillés : “For Legal Reasons, enclosed CD-R contains no music. Use it as you will.”, soit : “Pour des raisons légales, le CD-R ne contient pas de musique. Utilisez-le comme bon vous semble”. Le prix est de dix dollars pour le CD-R et un poster, et de cinquante dollars pour l’édition avec le livret de cent pages .
Est-ce une nouvelle façon de contrer les majors ? Cela ressemble plus, hélas, à un suicide collectif ou, plus simplement, à un sacerdoce musical. Les 5000 exemplaires ne suffiront évidemment pas à couvrir les coûts de production de l’album, avec ses nombreux et célèbres invités, et du livret. Il semble donc voué à l’underground, et ce n’est que regrettable au vue de la qualité de l’ensemble, mais cela démontre, une nouvelle fois, la puissance et les abus des maisons de disque.
Aussi étonnant que cela soit, avec autant d’invité, l’album est cohérent de bout en bout. Les mélodies, pop-country-folk-psychédélique-space-rock, composées par Mark Linkous, sont véritablement jouissives, et la production, électro-pop-synthétique, de Danger Mouse amène une touche de modernité, et par moment un coup de fouet salvateur, comme sur Little Girl (avec Julian Casablancas) ou Pain (avec Iggy Pop).
Chacun met sa touche personnelle, mais ne tire pas la couverture à soi, dans le respect de l’homogénéité du projet. Les grands moments de l’album sont Dark Night of the Soul et Star Eyes (I Can’t Catch It), aux mélodies vaporeuses et répétitives, avec un David Lynch insoupçonné au chant, époustouflant, le très beatlessien Daddy’s Gone avec Mark Linkous et la délicieuse Nina Persson et Grim Augury avec Vic Chesnutt, formidable ballade folk des temps modernes.
a télécharger ici :
http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/sparklehorse-danger-mouse-dark-night-of-the-soul-en-ecoute/